le syndicat national unitaire des instituteurs, des professeurs des écoles et des PEGC de l’Aube

APRES LE 29...
LA RELANCE ?

La grève du 29 janvier a réuni des centaines de milliers de personnes. Les écoles étaient fortement mobilisées pour l'emploi public mais aussi pour une école conçue pour tous les élèves, y compris les plus fragiles.

Baisse du pouvoir d'achat, mise à mal des services publics, emplois menacés... les centaines de milliers de manifestants présents dans la rue le 29 janvier ont exprimé leurs difficultés, leurs inquiétudes quant à l'avenir. Comment pourrait-il en être autrement dans un contexte de crise financière et face au plan de relance du gouvernement qui fait l'impasse sur la situation des salariés, des chômeurs et sur l'emploi dans les services publics ?

Tous les pays n'ont pas fait ce choix, notamment en terme d'éducation et ce ne sont pas les moindres. Les Etats-Unis prévoient 141,6 milliards de dollars pour l'éducation sur les 825 milliards annoncés. L'Allemagne fait le choix d'investir dans les infrastructures de l'école et de l'université à hauteur de 65 % du programme d'aides financières de l'Etat fédéral aux investissements dans les communes et les Lander, soit 6,5 milliards d'euros. Pendant ce temps, Nicolas, François, Xavier et les autres restent droits dans leurs dogmes, et ne discourent que sur les économies à faire dans le service public et les réformes de structures indispensables... Les voeux du Président aux enseignants ont en cela été une caricature. En réponse au mécontentement qui s'exprime, il annonce la nomination de Martin Hirsch comme Haut commissaire à la jeunesse il charge Richard Descoings de la concertation sur le lycée. Pour le reste on continue comme avant.

Du côté de l'Education nationale, le ministre se félicite d'avoir « beaucoup avancé dans les réformes » et affirme qu'il veut aller « encore beaucoup plus loin dans la réalisation de cet objectif ». Et il s'est trouvé un nouveau cheval de bataille : l'absentéisme. Il va recruter 5000 « médiateurs de la réussite scolaire » pour alerter les familles sur les absences de leurs enfants. Une façon de reconnaître la nécessité d'adultes dans les établissements. Mais dans le même temps, silence sur les EVS et les assistants d'éducation qui risquent de se retrouver au chômage fin juin 2009.

L'apparition miraculeuse d'un budget pour ces emplois n'est pas sans agacer quand 3000 postes d'enseignants spécialisés passent à la trappe. Dans les départements, le casse-tête de la carte scolaire a commencé. Les 15 400 élèves supplémentaires devront être accueillis à la rentrée 2009 mais avec moins de moyens. Au moment des opérations de carte scolaire dans les départements, ce sera l'occasion dans les départements d'organiser des initiatives comme les nuits, les marches des écoles, les retraites aux flambeaux, les rassemblements et les grèves pour dire que l'ambition affichée pour l'école passe par un autre choix budgétaire, une autre idée de la relance.

La crise aura des conséquences sur la situation sociale des familles et les inégalités scolaires des enfants s'en trouveront renforcées. L'école a besoin de postes et de personnels qualifiés pour aider les plus fragiles de ses élèves.

Soutien populaire
Deux sondages publiés dimanche, plus des deux tiers des personnes interrogées (69 %) ont de la sympathie pour ce mouvement, ou le soutiennent (sondage CSA/Le Parisien), tandis que les trois-quarts (75 %) le trouvent "justifié" (sondage Ifop/Sud-Ouest.)

Négociation préalable
Conformément à la nouvelle réglementation, le ministère a été contraint d'organiser une négociation préalable le mardi 20 janvier. L'absence du Ministre à cette réunion, alors qu'il est le seul à même de prendre des décisions, ressemblait fort à une dérobade.

Les motifs de la grève
L'emploi : exigence d'un autre budget qui permette de faire face à la hausse des effectifs et à la transformation de l'école qui favorise la réussite de tous les élèves. Le développement de la maternelle. Le maintien et l'organisation des postes des RASED et des dispositifs spécialisés d'aides aux élèves en difficulté. La formation initiale et continue des enseignants des écoles et le rôle des PEMF. La mise en place d'un dialogue social et le respect des droits syndicaux. La revalorisation du métier d'enseignant.

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