Luc Chatel, vient d'être nommé ministre de l'Education nationale en remplacement de Xavier Darcos. Pour le SNUipp, qui a obtenu avec la FSU une rencontre le 30 juin, l'urgence est toujours la même : "changer de politique éducative".
Un nouveau ministre pour l'éducation, est-ce une nouvelle politique pour l'école ?
Comme à chaque remaniement de gouvernement, c'est la même question qui taraude. La nomination de Luc Chatel en remplacement de Xavier Darcos n'échappe pas à la règle. Au regard des mesures qui ont assommé puis asséché l'école primaire depuis 2 ans, c'est même avec beaucoup d'attention que les orientations d'un ministre, jusque là peu intéressé par les questions d'éducation, sont attendues Luc Chatel, un autre proche du président... ). Il faut dire qu'«un changement de cap de la politique éducative est indispensable».
Pour le SNUipp, il y a même urgence à rompre avec la politique d'un prédécesseur qui a appliqué méthodiquement la feuille de route du président de la République en opérant notamment de nombreuses saignées dans les postes en primaire ( lire le communiqué de presse).
Le syndicat, qui s'est adressé immédiatement à Luc Chatel, a obtenu avec la FSU une rencontre le 30 juin prochain afin de lui faire part de ses propositions pour assurer une meilleure réussite de tous les élèves. Il faut dire que sur le bureau de la rue de Grenelle, un certain nombre de dossiers brûlants attend le nouveau ministre. Et tous, réclament des mesures urgentes : retrait des décrets sur la formation des enseignants, recherche d'une solution pour les dizaines de milliers de personnels EVS dont les contrats s'achèvent le 30 juin ( EVS : Le SNUipp s'adresse au nouveau ministre du travail), remise à plat de l'aide personnalisée, ouverture d'un débat sur les rythmes scolaires, évaluations...
Dans l'entretien du 30 juin, le SNUipp demandera la levée de toutes les sanctions et procédures disciplinaires qui touchent actuellement certains enseignants : Alain Réfalo convoqué prochainement par des instances disciplinaires de Haute-Garonne, Sami Benméziane en Loire Atlantique, Bertand Cazals dans l'Hérault... Ce serait à n'en pas douter un réel signe d'apaisement pour un indispensable retour à plus de sérénité dans l'école.
Pour l'heure, le SNUipp appelle d'ailleurs à signer les nombreuses pétitions de soutien des enseignants sanctionnés ou menacés de procédures disciplinaires (voir en fin d'article). Reste à voir si, après 2 ans d'un dialogue social en berne, le nouveau ministre donnera de solides gages dans sa capacité à écouter et discuter des réelles préoccupations des personnels.
Autre urgence et non des moindres, « des mesures pour que, dès la rentrée, l'école puisse faire face à la hausse des effectifs dans les écoles élémentaires et maternelles. Ce qui impose de revenir sur les suppressions » clame le SNUipp. A la rentrée, ce sont près de 6 000 postes (postes au concours, RASED,…) qui auront disparu alors que 14 000 élèves supplémentaires sont attendus. De plus, avant de s'éclipser, Xavier Darcos vient d'annoncer au journal La Tribune qu'il avait proposé au ministère du budget pour 2010 la suppression de 16.000 postes dans l'Education, conformément à la « règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ». Toujours selon le futur ex-ministre, « la quasi-totalité des suppressions concernerait des postes de stagiaires par la réforme de la formation des enseignants ».
Les défis qui attendent le nouveau ministre sont donc de taille. A moins que ce très proche de Nicolas Sarkozy, n'ait, au final, ni la volonté, ni les moyens d'opérer un réel changement de cap. Le rendez-vous du 30 juin apportera des premiers éléments de réponse.
Pétitions de soutien (liste non exhaustive) :
- Soutien à Alain Refalo
- Soutien à Pascal Besuelle
- Soutien à Sami Benmeziane