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Une nouvelle étude confirme le déclassement salarial des PE

Une nouvelle étude confirme le déclassement salarial des PE

publié par snu10, le vendredi 8 février 2013

Tags salaires

Nous savions déjà que nous, enseignants français du primaire, étions mal payés par rapports à nos collègues de la plupart des pays de l’OCDE. Nous savions également que nous étions mal payés par rapport à nos collègues du second degré. Bruno Suchaut nous apprend aujourd’hui que nous sommes plus mal payés que les instits de la génération précédente.

Bruno Suchaut, professeur de Sciences de l’Éducation, vient de publier "Une simulation de l’évolution des salaires des enseignants de l’école primaire : du Monde de Martine au Monde de Sophie" sous l’égide de l’IREDU-CNRS (Institut de recherche sur l’éducation).

Que nous apprend cette étude ?

Bruno Suchaut estime que « la situation actuelle des PE n’est pas plus favorable que celle des instituteurs de la génération précédente ».

Paradoxal, alors que le passage du statut d’instit à celui de PE s’accompagnait d’une grille apparemment plus favorable ? Non, répond Bruno Suchaut, si l’on tient compte de l’ensemble des facteurs pesant sur nos salaires :

"1) l’évolution défavorable du point d’indice depuis les années quatre-vingts entraînant une perte de pouvoir d’achat,

2) la suppression des revenus additionnels des instituteurs par la perte de l’indemnité représentative de logement (ou la jouissance d’un logement de fonction), celle-ci constituant, tout au long de la période d’activité un apport financier non négligeable,

3) la forte sélectivité dans l’accès à la hors classe du corps des professeurs des écoles. Si celle-ci est théoriquement accessible à tous à partir du 7ème échelon, elle ne concerne actuellement qu’une très faible minorité d’enseignants,

4) un décalage important entre l’âge d’entrée dans le métier et l’âge de départ à la retraite. "

Conséquence qui ne manquera de marquer les esprits lors de vos dîners en ville : en comparant les revenus réels perçus par une institutrice qui aurait pris sa retraite en 2006 avec ceux d’une PE entrée à l’IUFM en 1990, Bruno Suchaut évalue que la PE ne commence à gagner davantage que l’institutrice qu’à partir de 64 ans...

Quelles solutions pour sortir de ce déclassement salarial ?

Parmi les pistes susceptibles d’accélérer la carrière, l’étude préconise « d’agir à court terme avec une mesure de type statutaire ». Cette mesure pourrait par exemple passer par « une grille d’avancement unique avec un étalement progressif de tous les échelons qui permettent à tous les enseignants d’atteindre, avant la fin de leur carrière, l’indice du dernier échelon de la hors classe actuelle ».

Interrogé par le SNUipp à propos des 400 euros qui nous sont apparemment promis, Bruno Suchaut estime que « cette mesure pourrait peut-être à court terme satisfaire une partie des enseignants, mais elle n’est sans doute pas la meilleure réponse au vrai problème des rémunérations des PE ».

Lire cette étude : cliquer ici.

Pour info, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac a délaré que « le projet de budget français pour 2013 présenté vendredi ne prévoit pas de hausse du point d’indice de la grille salariale des fonctionnaires, qui serait ainsi gelé pour la troisième année consécutive »...


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